Coronavirus, les entrepreneures en parlent…

Récemment, Tony Elumelu, Président de la United Bank for Africa (UBA), estimait lors du New York Forum Institute sur une « Afrique résiliente », que la pandemie du coronavirus offrait au continent africain l’opportunité de se réinitialiser. La COVID-19 représente le plus grand défi pour la santé et le développement mondial depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle a de graves répercussions sur les systèmes de santé des pays du monde entier, exacerbant les inégalités et augmentant la fragilité des économies africaines surtout.

En effet, beaucoup de micro, petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes ont du mal à rester à flot ; confrontées à une myriade de contraintes supplémentaires. La crise de la COVID-19 a amené son lot de complications à tout bon fonctionnement : fermeture d’entreprises, difficultés d’approvisionnement, contraintes sanitaires…

Face à cela, beaucoup d’initiatives ont vu le jour permettant ainsi de transformer les conditions difficiles actuelles en une opportunité afin de sortir de la crise plus fort, plus résistant et bien placé pour accélérer le développement des entreprises. Entretiens avec certaines de ces femmes entrepreneures, proactives qui ont su faire preuve de persévérance et se réinventer dans un tel contexte.

SOW NAMISSA THERA

Créatrice Ikalook, marque malienne de prêt à porter qui propose des vêtements chics et modernes, pour une clientèle en quête d’originalité.

La crise du coronavirus à eu plusieurs niveaux d’impact sur Ikalook. Dans un premier temps, nous avons préféré proceder à la fermeture de la boutique quand l’épidémie s’est déclarée au Mali, afin de préserver l’équipe et les clients.

Cela a eu pour impact principal la baisse des ventes. Fort heureusement, nous continuions quand même à avoir un niveau minimum de demandes.  Pour les satisfaire il a fallu donc réorganiser les activités: Pour les équipes, un système d’alternance et réduction du temps de travail a été aménagé, et pour les clients la mise en place de la livraison des commandes à domicile.

En plus de cela, pour contribuer à la lutte contre la propagation de l’épidémie nous avons du recentrer notre activité sur la fabrication des masques pendant plusieurs semaines.
Globalement cette crise du coronavirus et ses conséquences ont eu pour effet de retarder le projet de commercialisation des produits Ikalook à l’international. Ce qui nous a obligé à nous adapter et explorer d’autres moyens de commercialisation comme la vente en ligne.

 

 

 

YAYE AICHA DIOP                                                                         Femezon                                                                                        Le meilleur de chez nous, naturellement !                                      (Dakar -Sénégal) Service traiteur axé naturel

Au début mon premier réflexe a été de fermer ma structure ne voyant pas comment préserver mon personnel et mes clients. Comme la plupart des traiteurs, nous étions au chômage technique à cause du coronavirus. Certains, au niveau d’un groupe d’entrepreneurs auquel j’appartiens, ont décidé de proposer des idées, voire de s’entraider pour lutter contre cette crise. Heureusement, cela m’a permis d’écouler mon stock de matières premières assez rapidement.

La crise s’installant, il a fallu trouver des solutions pérennes. Les entreprises n’ont pas nécessairement des fonds de roulement suffisants pour supporter des diminutions de revenus importantes pendant une période prolongée. II a donc fallu trouver des solutions plus pratiques. Heureusement, en tant que petite entreprise, notre capacité d’adaptation et de résilience est parfois plus élevée que celle des grandes structures

Nous avons donc pu reprendre nos activités après un mois de break durant lequel nous avons repensé nos procédures de fonctionnement sur toute la chaine. En effet, il a fallu procéder à la reorganisation des équipes qui, grâce à un effort de Femezon, peuvent désormais être logées sur place. En outre, nous avons un mode de livraison sans contact. Finalement, nous avons même pu enrichir notre offre de services en y incluant une gamme de produits surgelés.

 

Esther EYE

Pharmacie ENORYVES (Pobè – Bénin)

L’activité officinale n’a pas été épargnée par la crise sanitaire bien au contraire surtout du fait de notre proximité avec le Nigeria, l’un des plus grands clusters africains.

Malgré les risques, nous avons décidé de maintenir notre présence et d’assurer la dispensation des médicaments. En effet, au cœur de la lutte actuelle contre la pandémie de la COVID-19, il a fallu adopter de nouvelles façons de faire. Ainsi, nous avons dans un premier temps fait le choix d’interdire l’accès de l’officine aux clients le temps pour nous de mettre en place un meilleur dispositif pour limiter la propagation du virus. Le conseil et le service s’effectuent donc par un genre de mini-guérite.

Nous demandons donc de respecter les conseils de base comme laver ses mains avant d’entrer dans la pharmacie et en sortant, maintenir une distance d’un mètre entre soi et les autres personnes (personnel de la pharmacie y compris). Nous avons également investi dans l’aménagement du parking afin d’avoir une zone d’attente pour les clients pour garantir un nombre assez limité de personnes dans la pharmacie. Tout cela ne nous empêche pas de procéder régulièrement, plusieurs fois par jour, à la désinfection de la pharmacie et à la systématisation du port de masque pour tout le personnel. Nous faisons au mieux pour demeurer à l’écoute de notre clientèle et ne manquons pas de profiter de leur passage, à l’officine, aussi bref soit-il, pour rappeler les consignes pour lutter efficacement contre le coronavirus.

Nous avons ainsi voulu montrer  la gravité de la situation dans un contexte où une  grande  partie de la population est persuadée que la covid 19 n’est pas réelle et que tout ce qui se passe n’est rien d’autre qu’un grand scénario venu de l’occident qu’on veut lui imposer.

 

 

 

EVELYNE GOMIS BEGUINOT

Happy coder Academy

L’apprentissage du coding en ligne : ça marche !

Convaincue de l’importance de poursuivre les activités ludiques et créatives des enfants pendant cette période de confinement, la Team de Happy Coders Academy a pris les mesures nécessaires pour adapter son dispositif péda gogique.

Au cœur de notre ADN depuis plus de 4 ans, nous expliquons l’importance du coding et la nécessité de s’adapter rapidement !
Ainsi, en tant que société innovante, nous nous sommes appliqués cet adage, en déployant immédiatement nos cours en ligne . Famille et enfants ont tout de suite adhéré, grâce notamment à notre pédagogie qui permet d’accentuer l’autonomie des élèves dans leur processus d’apprentissage. Malheureusement seuls les enfants de plus de 8 ans ont pu profiter de cette avancée spectaculaire : nous travaillons dur sur un moyen d’intégrer les plus jeunes dans ce dispositif dans un futur proche.

Au-delà de cette contrainte, ce sont 200 enfants sur 3 continents qui se sont connectés toutes les semaines sur nos 35 créneaux ouverts…et devenus à la fois CODEURS et CONFERENCIERS, comprenant qu’il n’existait plus de frontière face au numérique… et ce n’est pas fini !

Nous continuons en effet à enrichir notre offre en distanciel pour occuper les enfants durant les grandes vacances, avec toute une liste d’activités en codage ludiques et adaptées à (presque) tous les âges.

 

 

AMY FANNY-TOGNISSO

SABA

Des produits et des marques d’ exception pour (re)découvrir les rituels de beauté et de bien-être de l’ Afrique !

https://saba-naturals.com/

“On peut dire que SABA a fait ses premiers pas en pleine crise du COVID car nous avons officiellement lancé nos activités fin avril 2020 c’est-à-dire juste avant que la Côte d’Ivoire et nombre de pays dans la région ne prennent conscience de l’ampleur de la crise et ne mettent en place des mesures de restriction de mouvement.

La situation particulière a exigé que nous soyons rapidement capables de nous adapter aux nouvelles exigences des clientes mais aussi à celle des autorités sanitaires. Ainsi, nous sommes passés entièrement en mode boutique virtuelle 2 semaines après le lancement en développant un site internet fonctionnel où les clientes enregistrées peuvent commander directement et être livrées. Nous avons aussi fait face au défi logistique pour organiser des livraisons dans de bonnes conditions d’hygiène et dans des délais raisonnables.

Malgré ces challenges, je dirai que toute crise présente aussi des opportunités. Par exemple, avant COVID certaines consommatrices de produits de beauté préféraient tester les nouveaux produits en boutique rendant plus long et difficile l’adoption de nouvelles marques. Cependant la crise du COVID a entraîné un changement dans le comportement de ces consommatrices qui ont été plus favorables à faire un premier achat sans nécessairement tester physiquement au préalable. Cela a permis à une nouvelle marque comme SABA Naturals d’atteindre un plus grand nombre de personnes dès ses débuts.”

 

 

KADI KONATE

SMIG

http://smig-capital.com/

(GUINÉE)

Autre secteur même contraintes. Kadi Konate est une jeune entrepreneure qui évolue dans le secteur des mines en Guinée. Elle a créé SMIG en 2017 dans le but de concevoir et de mettre en œuvre des approches innovantes pour le financement et le développement de projets miniers en Afrique.

« Cependant, la contraction de la demande tout comme la détérioration des prix de certain métaux, tel que l’Aluminium nous oblige à revoir notre stratégie pour 2020 et au-delà. En effet, même si nous avons mis en place assez rapidement des procédures pour répondre de manière pratique aux besoins de notre personnel en matière de santé sécurité, sur la stratégie globale de l’entreprise nous sommes encore en phase de réflexion afin de répondre aux mieux aux nouvelles contraintes de notre marché.  L’industrie minière a été fortement touchée par la pandémie de COVID-19. Les répercussions ont été considérables, touchant tous les acteurs de la chaîne. Ainsi, beaucoup de producteurs ont été contraints de mettre leurs actifs sous surveillance et limiter de façon temporaire l’accès aux mines aux acteurs comme SMIG. »

« Tout cela nous oblige aujourd’hui à redéfinir nos partenaires financiers et à revoir notre stratégie globale pour la croissance de notre portefeuille d’actifs et de services. Par exemple, nous comptons sur la hausse des prix des métaux précieux (comme l’or) à court et à moyen terme et essayons de nous positionner de manière proactive pour capter les nouveaux marchés. Et cela passe par innover dans dans notre approche pour l’acquisition et le développement de projets afin de saisir en temps opportun les nouvelles opportunités sur le marché. »

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Remise de don

Quelle société après cette pandémie ???