Faire une fausse couche, une douleur cachée

La perte de l’enfant à venir est d’autant plus douloureuse qu’elle est encore trop souvent banalisée par le corps médical et l’entourage. « Tu es jeune, tu as le temps d’avoir d’autres enfants », « Fais-en vite un autre, tu oublieras », « Ce n’est pas de chance, mais ce sont des choses qui arrivent »… Même si elles sont parfois pleines de bon sens, ces petites phrases ne sont pas d’une grande aide. Elles ont tendance au contraire à clore la discussion trop brutalement. Et n’offrent pas aux femmes endeuillées la possibilité de libérer leurs émotions et leur chagrin.

Si la souffrance n’est heureusement pas systématique, ces grossesses interrompues peuvent causer une grande douleur, qui ne trouve pas toujours de lieu pour s’exprimer. Surtout que de nos jours, les fausses couches seraient même plus mal vécues que par le passé, les progrès de l’imagerie médicale permettant une personnalisation précoce du fœtus. Une épreuve aussi pour le couple et les enfants Les femmes ayant vécu une fausse-couche reprochent souvent à leur conjoint de ne pas comprendre ce qu’elles ressentent ou de faire comme si de rien n’était. Cette incompréhension mutuelle peut provoquer une période de tensions dans le couple, le mettre en péril ou à l’inverse le renforcer.

Ces « échecs de maternité » ne sont pas non plus sans conséquences sur les enfants déjà nés. Ils ressentent énormément le mal-être de leur mère quand ils sont jeunes et sont en interaction émotionnelle forte avec elle. Leur malaise ne se traduit pas forcément par des mots, mais plutôt par des troubles comme l’irritabilité, les réveils nocturnes ou encore les maux de ventre. La même attention doit être portée sur les enfants à venir qui peuvent notamment souffrir d’une comparaison inconsciente avec cet enfant décédé et souvent idéalisé.

Après une fausse couche, où trouver du soutien ? Une personne de confiance, compatissante et capable d’un certain recul peut aider la femme en deuil. C’est auprès d’elle, qu’elle pourra sans doute trouver l’écoute nécessaire, au moments de caps qui seront difficiles à vivre : la date à laquelle l’enfant aurait dû naître, celle du congé de maternité, de la fausse couche… » Evoquer aussi la peur bien compréhensible de la répétition et la réticence qu’éprouvent certaines femmes à redémarrer une grossesse. L’angoisse peut être la cause de petits blocages qui retardent le retour des règles et différent une grossesse future. Pour aborder une nouvelle grossesse avec une sérénité retrouvée, il faut donc se donner du temps, pour se réconcilier avec ce corps qui nous a fait défaut.

Psychologies.

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