Sadio part. 17

part. 17

Mariama est, ou devrais-je dire étais, une personne que je considérais comme ma sœur. Nous nous ne cachions rien et nous connaissions de- puis la maternelle. une fois le bac en poche, ses parents n’avaient pas les moyens de lui payer des études à l’extérieur. C’était alors les miens qui s’étaient proposés. en effet, vu que mes notes me qualifiaient pour la bourse, c’était tout naturellement qu’on lui proposait de venir avec moi en France grâce à l’argent mis de côté pour moi.

Nous avons ainsi habité ensemble et poursuivi nos études en France pendant 2 ans, jusqu’à ce que Mariama s’amourache d’un aspirant chanteur français et mette ses études entre parenthèses pour le suivre dans une soi-disant tournée.

Je ne pourrai décrire la déception de ses parents et des miens lorsqu’ils ont compris que leur fille n’avait eu aucun diplôme en dépit de tous les sacrifices de part et d’autres. Elle fut donc rappelée à rentrer au pays et depuis, elle évolue de jobs en jobs sans jamais se fixer.

Concernant sa vie sentimentale, c’est plus ou moins la même chose. Mariama était du genre à papillonner d’hommes en hommes, toujours dans des relations brèves.

Lorsque je suis rentrée, elle a été une des première personne que j’ai appelée. et tout de suite, c’était comme si nous ne nous étions jamais quittées. elle était tous les jours chez moi et y dormait parfois. Lorsque je voyageais, elle venait volontiers chez moi pour tenir la maison et les enfants. et maintenant que j’y pense, qui me dit qu’il ne c’était jamais rien passé entre ibrahim et elle ??

Cette pensée me répugnait au plus haut point mais il fallait que je parle à Mariama pour en avoir le cœur net. Je décidais de l’appeler. Le téléphone sonna plusieurs fois avant qu’elle ne réponde.

– « allo » fit-elle d’une toute petite voix.
– bonjour Mariama, je souhaiterai te rencontrer pour que l’on échange
– à quel sujet?
– Tu sais très bien à quel sujet. alors arrête de jouer à l’idiote.
– ok, retrouvons nous chez moi alors.
– Non, je préfère que tu viennes chez moi. sans lui laisser le temps de réfléchir je poursuivis : demain à15h ça te va?
-…ok, à demain

Le lendemain, Mariama arriva à 15h précises. Ce qui ne lui ressemblait pas du tout d’être à l’heure. – Merci d’être venue lui fis-je.
Je souhaitais comprendre comment cela avait été possible que tu sois avec mon ex mari, le père de mes enfants en dépit de tout ce que toi et moi partagions.

– il n’ y a rien à comprendre. C’est arrivé tout seul et nous n’avons rien contrôlé.
– donc il ne s’est jamais rien passé entre vous pendant que lui et moi étions mariés ?

– Non me fit-elle rapidement, mais le souffle court.

Je la connaissais assez pour savoir lorsqu’elle me mentait. et là, elle me mentait.
– Je ne te crois pas. dis-moi la vérité. Je pense que je mérite au moins cela vu la trahison que tu me fais.

– Tu as raison, il ne sert à rien de te mentir. Tu as toujours su lorsque je ne disais pas la vérité. il est arrivé à plusieurs reprises, surtout lors de tes voyages qu’ibrahim et moi perdions le contrôle. Également lorsqu’il voyageait, il m’arrivait de l’accompagner.

Là je voyais rouge. Le sang m’étais monté à la tête et je ne comprenais pas que ma meilleure amie ait pu si ouvertement et sans scrupule me faire ça. et mon ex-mari, que je prenais pour un homme aimant et fidèle était en fait la pire des pourritures.

– Perdiez le contrôle…c’est comme cela que tu appelles ça. et en présence de mes enfants en plus non mais vous êtes dégoutants….

elle m’interrompit, non les enfants n’ont jamais rien remarqué, ne t’inquiète pas. A ce stade, je ne savais même plus quoi faire. elle me dégoutait et me décevait tellement.

Puis elle continuait : “en fait j’ai toujours eu une attirance pour lui et je n’ai jamais compris pour- quoi tous les hommes étaient à tes pieds lorsque moi je devais toujours leur courir derrière pour me faire accepter. Oui, c’est moi qui ai usé de mes charmes pour l’attirer. oui, il a résisté pendant longtemps…Mais j’ai su être convaincante et j’ai fini par l’avoir. et maintenant tes enfants sont en partie les miens. de toute façon qu’est-ce que cela peut bien te faire, tu es entrain de refaire ta vie avec un autre homme.”

elle était pathétique, finalement Je n’arrivais même plus à lui en vouloir. Ce que je ressentais c’était de la pitié. Je me rendais compte, bien des années trop tard, que celle que je croyais être une amie était en fait la pire ennemie qui pouvait exister tellement elle m’enviait. au point de vouloir s’approprier ma vie. Le fait de l’entendre énoncer mes enfants déclencha automatiquement mes mécanismes de défense.

Je m’approchais lentement d’elle, je pouvais sentir son souffle tellement nos visages étaient proches et je lui dis : « écoute moi attentivement et intègre bien les mots que je vais te dire, si jamais, tu oses, ne serait-ce que toucher à un cheveux de mes enfants, tu auras affaire à moi. si jamais tu as la folie de penser que tu pourras être leur mère, ou prendre ma place auprès d’eux, tu connaitras mon degré de folie… et tu me connais assez pour savoir de quoi je suis capable. » Car oui, Mariama m’avait déjà vu entrer dans des colères noires et si une personne sur terre pouvait se targuer de connaître ma part sombre, c’était bien elle.

Finalement, le message était bien passé car bien que leur mariage n’ait duré que quelques mois, elle a su rester à sa place par rapport à mes enfants. Mais ça, c’est une autre histoire que je vous raconterai.

(à suivre)

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